Chère Europe, nous revoilà !

привет (bonjour), 

Nous revenons de Russie, après mille péripéties, comme toujours. Nous avons souvent dit que Lappeenranta était aussi loin de St Petersburg que d’Helsinki… C’était sans tenir compte de la frontière et ses formalités adminsitratives..

Jeudi matin, partis de l’université à bien plus de 10 heures, nous sommes arrivés à la frontière quelques minutes plus tard… et nous avons mis plus de deux heures et demi pour la traverser. Première étape, quitter la Finlande … pour cela, pas trop de problème. On passe les uns après les autres en montrant son passeport, et on remonte dans le bus aussi vite. Après, faut-il que le fameux bus décide de redémarrer et de ne pas rester immobile dans ce « no man’s land » très peu accueillant.

Véhicule et chauffeurs russes … donc les fuites et bruits suspects au niveau du moteur ont finalement été maîtrisé à coup de marteau et poignets de neige .. étrange ! Toujours est-il que nous avons pu repartir, rouler cinq minutes tout au plus, redescendre, et cette fois-ci se frotter à la bureaucratie russe : nettement moins sympathique. Ils vous scrutent les uns après les autres, vous obligeant à effacer tout sourire de sympathie. Après ce check-point interminable, il reste plus de 30 km à parcourir avant de rentrer véritablement en terres russes, et également deux ou trois intrusions à l’intérieur du bus pour vérifier le passeport, puis le visa, puis le coup de tampon, puis remonter vérifier que le coup de tampon ne se soit pas esquivé entre temps … interminable !!!

Nous avons enfin pu atteindre St Petersbourg à 17h30. Après le lassant paysage se résumant à un mur de forêt interminable depuis notre départ de Finlande, le choc … la banlieue de St Petersbourg : de gigantesques barres d’immeubles aux allures de KGB, marqués par la misère, défigurés par l’après-guerre, des tramways sortis d’un autre temps, rongés par la rouille, tout comme les vieilles « ladas », les « talbos » … une sensation de malaise incomparable, inqualifiable, ni celle des bidonvilles d’Antananarivo, ni celle des villages d’Asie, tout autre chose. En arrivant à notre hôtel nous nous sommes précipités pour trouver de quoi remplir nos estomacs vides depuis le petit déj : première confrontation avec la barrière russe : absolument pas d’anglais. Ni écrit, ni parlé donc un peu difficile pour commander. Mais bon un peu de langage des signes, de hochements de tête et on arrive à tout !  Le cyrilique nous a causé quelques fous rires, même les enseignes bien connues comme Mc Donald, Ikea etc… prenent une tout autre allure quand leur nom devient Kacca ou Nkea.

stpeter2Quant à l’hôtel « Moscow » : c’est un quatre-étoiles, mais un quatre étoiles russe. Nous n’avons pas vraiment eu à nous plaindre, il était assez défraîchi mais de bon standing pour les services qu’il propose. Il faut dire que construit dans les années 70, il n’a jamais été rénové depuis. Du coup, l’installation électrique et la décoration des chambres sont d’époque … Le hic, l’eau jaunâtre sortant des robinets vous dégoûtant par avance de prendre votre douche. Comme pour tout voyage, la bouteille d’eau fût notre meilleure alliée ! Nous avions une télévision également, tout en russe forcément, à part une chaîne dans la langue de Shakespeare semblant distiller des « informations positives » concernant le régime. Effrayant !

Vendredi matin, visite des vestiges du temps tsariste : notamment le gigantesque palais d’été de « Peter & Catherine the Great», pas si great que ça d’ailleurs si on en croit les anecdotes du guide : massacres, orgies, beuveries etc… On a tous cherché Anastasia, tenté de dénicher sa boîte à musique, en vain ! Se ballader dans les galeries d’or, la neige tombant à gros flocon dehors, la mélodie du dessin animé en tête : ennivrant. Dans l’après-midi nous nous sommes rendus en centre-ville pour visiter la cathédrale « Spilled Blood ». Vous savez le célèbre bâtiment avec des pompoms pointus et colorés ! Sublime ! Ensuite, notre petite dose hebdomadaire de culture « so chic » avec la représentation du ballet « Don Quichote » à l’opéra. Le théâtre beaucoup moins impressionnant et guindé que celui de Tallinn, du coup, avec cinquantes autres étudiants également en jeans baskets, nous étions légèrement plus à notre aise.

stpeter3Hier, tour de la ville sous le soleil pour admirer les beautés de St Pétersbourg. Dans le bus l’ambiance était excellente, de bons délires, de nouvelles amitiés ! Nous avons visité un véritable navire de guerre russe et en avons fait notre terrain de jeu sous le regard peu patient des militaires (c’est ce bateau qui a servi à la prise de pouvoir par les bolchéviques, nous avons foulé les pas de Lénine …). Nous nous sommes également perdus entre les murailles de la forteresse « Peter and Paul ». A 12h, nous avons assisté à une cérémonie officielle et avons eu droit à un tir canon à blanc : même si nous étions prévenu nous avons tous eu le réflexe de nous baisser à terre tant le bruit était assourdissant (déclanchant même l’alarme des voitures aux alentours et faisant vibrer le sol). Au fait il sont fous ces russes, nonchalemment adossés contre la forteresse, un couple, en maillot de bain bronzait tranquillement ; normal, il ne faisait que -5°C !

L’après-midi opération musée: l’équivalent russe du Louvre, j’ai nommé « l’Hermitage ». Au programme statues, toiles de maîtres (Da Vinci, Monet, Picasso…). A ma plus grande honte je dois admettre que nous n’avons pas été bien attentifs, préférant jouer les photographes « d’art » atypique en nous mettant en scene dans des positions abracadabrantesques. De grands enfants je vous dis !

Et le soir, roulement de tambours…. Li-mou-sin-es !!!

stpeter4Oui vous avez bien lu. La nôtre était prévue pour 18 personnes avec champagne et musique pour deux heures de folie ! Enormissime ! On était comme dans une véritable boîte de nuit avec lasers, jeux de lumières et très bonne musique ; seulement avec nos potes à chanter à tue-tête et à se bombarder de photos. Nous avons circulé dans le centre-ville, avec deux arrêts sur des places mythiques de St Petersbourg à danser comme des fous par -10°C ! Les moins sages d’entre nous garderons en plus des souvenirs de la soirée, un gros gros mal de tête … vive le champagne russe … !

Ce matin, réveil un peu difficile ! Nous avons émergé doucement pour reprendre le bus vers 14h. Un peu beaucoup dormi pour récupérer .. jusqu’au poste frontière où nous avons du montrer une fois encore patte blanche, cette fois-ci 5 fois : l’excès de zèle des douaniers russes est assez déroutant ! Arrivé au poste finnois, aucun problème, extrêmement rapide, notre mère Europe nous ouvrait grand les bras. Nous venons juste d’arriver : une bonne douche enfin claire, une soupe et au lit ! Deux jours pour nous remettre, et mercredi à l’aube : c’est reparti pour la Laponie !

Milles baisers, « пока » (au revoir)

Les Apprentis Nomades

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