Dans le « Coeur Mort » australien

P1210609Chaud, dans le centre rouge il fait chaud ! Terre rouge, 41°C à l’ombre, peu d’air, peu d’eau … le désert ! Après la moiteur tropicale du Queensland, il nous faut bien quelques jours pour nous acclimater à ce nouvel environnement et prendre un nouveau rythme : se lever tôt, très tôt, avant que le soleil ne pointe à l’horizon ; vivre à l’aube, puis comme tout lézard qui se respecte, survivre le reste de la journée à l’ombre de quelques arbres chétifs.

Chaque matin, peu avant 5h, il nous suffit de quelques minutes pour s’extraire de la tente, avaler un biscuit et nous voilà parti pour 3 ou 4h de marche à la découverte de 50 000 ans d’histoire. Malgré l’hostilité apparente de cet environnement de nombreuses tribus aborigènes ont vécu sur ces terres. De génération en génération, ils se sont transmis oralement le Tjukurpa, ensemble de règles de vie, savoirs faire et croyances, régissant leur quotidien. Cette culture orale qui les caractérise est aussi la cause de notre grande frustration, la plupart des savoirs ne restant qu’à l’intérieur du clan, une partie confiée uniquement aux hommes, et l’autre aux femmes.

P1210114La culture aborigène apparait très riche, leurs connaissances sur le monde animal et végétal en font des professeurs pour les rangers et autres gérants de parcs nationaux. Les sites sacrés d’Uluru et Kata Tjuta, gérés conjointement et intelligemment par le gouvernement et les Anangu, sont tout simplement éblouissants. On se surprend à chuchoter en marchant sur les pistes, pas seulement pour observer la faune sauvage, mais avant tout intimidés par ces immenses montagnes rouges, rocs majestueux, dressés là, à de plus de 400m de hauteur comme sorti de nulle part au milieu du désert. Ce lieu est propice à la méditation et il est difficile de ne pas se sentir portés par toute la symbolique des peintures rupestres colorants les grottes, témoins d’une histoire de plusieurs milliers d’années.

En visitant les différents musées et centres consacrés à cette culture ancestrale, nous sommes bouleversés en réalisant à quel point les horreurs de la colonisation marquent l’Australie moderne. La réconciliation n’ayant eu lieu officiellement qu’au début des années 70, il faudra sans doute plusieurs générations avant que la ségrégation, les rapts d’enfants, les camps de « travail », l’esclavage et ses sévices appartiennent définitivement au passé.

P1220011Pendant ces dix jours passés dans l’outback, nous découvrons de nouveaux paysages, canyons, falaises, vallées à explorer, campings rudimentaires et isolés. Les dénivelés sont importants, mais à la fraîcheur du jour et avec des panoramas pareil, rien n’est impossible. Nous nous sentons en forme, ravis de profiter et suer nos dix kilomètres quotidien. Le seul point noir… les mouches ! A notre arrivée, nous nous moquions de la plupart des touristes ridiculement affublés d’une moustiquaire fort peu saillante sur la tête. Bandes de petits joueurs, couillonnés par le « tourist center ». Bon, après UNE marche de plusieurs heures assaillis de toute part par ces bestioles collantes ayant la fâcheuse tendance à viser narines, oreilles, bouches et yeux… (« Et les gars, heu… j’suis pas un poney !!! »), nous ravalons notre fierté et courons chercher répulsif et filet salvateur. Je tiens à vous confier la phrase la plus philosophique de ce voyage : « Rien que pour ça, j’aimerais pas être une vache », Flo…

Nous l’avions oublié en programmant notre itinéraire, mais les distances, ici en Australie, sont tout simplement insensées. Pour vous donner une idée, imaginez qu’il n’y ai qu’une ville en France, en plein centre et que la plus proche soit à Bruxelles ou Berlin. Heureusement, grâce à notre véhicule tout terrain, nous prenons tous les raccourcis : pistes cahoteuses nous voilà… Hihhaaaa !

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Ah oui, j’ai perdu mon chapeau… l’ai abandonné lâchement dans un canyon, laissé dans les bras de la première bourrasque venu. Au bord d’une falaise en train de me pencher dans tous les sens comme un petit singe, concentrée pour prendre LA photo, bien composée avec la lumière, l’angle, la profondeur de champ et tout et tout… je n’ai eu que le temps de me retourner vers Flo, les yeux écarquillés, la bouche ouverte sans bouger sous ses yeux moqueurs, refait d’avoir encore le sien !! Tant pis, une partie de moi, restera donc à jamais dans l’Outback.

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Nous traversons le reste du pays, et après un passage éclair à Perth, voilà déjà 5 jours que nous nous sommes posés sur la côte Ouest. En arrivant, nous sommes un peu déçu d’être « coincés » pendant deux semaines sur ce bout de côte très isolé (rien à 400km à la ronde), sauvage et déserté par les touristes, un peu angoissés à l’idée de nous faire rattraper par l’ennui, même si paradoxalement, c’est ce que nous sommes venu chercher. Pour notre plus grand bonheur, l’endroit se révèle splendide : avec ces plages vierges, l’eau turquoises, le récif coloré, les canyons abruptes et la faune abondante et peu farouche ; les kangourous ont élu domicile autour de notre campement et viennent « mouffer » dans nos oreilles (et oui, le kangourou mooouuuuffe).

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Après quelques jours à prendre nos marques, nous avons posé notre tente dans un petit camping désert, aux portes du parc national de Ningaloo Reef, et prenons le temps de marcher, snorkeller, penser, écrire, et nous reposer… finalement un bien bel endroit pour passer Noël.

De nouvelles photos ont été posté dans la galerie, merci encore pour vos commentaires, ça nous garde en lien de vous lire nous aussi 😀

On vous embrasse et pensons fort à vous,

Vos Apprentis Nomades

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