Bye bye Bertha !

G’evening mates !

Voilà bientôt un mois que nous sillonnons la côte est australienne. Un mois également que nous accompagne notre acolyte Bertha pour les 2600km jusqu’à Cairns. Au nord du Queensland, c’est l’heure des adieux. Retour au backpacking.

P1200190Il nous est de plus en plus difficile de garder une quelconque notion du temps et des jours. Cependant, nous gardons une discipline de fer, le réveil sonnant chaque matin à 6h30 au plus tard pour profiter, quelques heures du moins, d’une relative fraîcheur. Sauf ce matin-là. Flo, excité à l’idée de se trouver à Eugella National Park, LE meilleur spot au monde pour observer des ornithorynques dans leur habitat naturel, me convainc de nous lever à l’aube pour surprendre ces petits mammifères endémiques de la région. 4h30, le soleil pointe à peine le bout de son nez, les yeux tout collés et la mine froissée, j’obtiens un petit rabe d’une demi-heure. 1h plus tard, habillés, coiffés, crémés, chapeau, lunettes de soleil, baskets aux pieds, sac au dos, mon Chalou, frais comme un gardon, est impatient de partir en expédition. Seuls au monde, nous marchons à pas de loup le long de la rivière avec interdiction formelle de prononcer un mot ou de respirer trop fort… nous nous installons sur un petit promontoire, avec une vue imprenable, et guettons la bête ! Alors on attend… on attend encore un peu, on baille un peu, mais surtout on garde les yeux fixés sur l’eau à l’affût de la moindre petite bulle, du moindre frétillement. On se surprend à insulter ces stupides canards et autres tortues qui nous feintent… on peste, mais on attend. Pas le droit de prendre un petit gâteau, trop de bruit… alors on attend. On attend comme ça 1h30 !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Pas le moindre ornithorynque. Mon Flo tout dépité se remémore un douloureux souvenir d’enfance où on lui avait aussi promis l’observation de castors… qui ne sont jamais venu ! Tout triste, nous nous mettons en route et nous enfonçons dans la forêt tropicale tout en longeant le cours d’eau, sans trop d’espoir. Puis soudain, des petites bulles nous surprennent… on plisse les yeux, pas possible que ça soit cette minuscule bestiole ! Et bien si, voilà que le visage de mon homme s’illumine comme un enfant devant ce mammifère à pattes de loutres, bec de canard et pondant des œufs, pas plus grand qu’un écureuil !! On sort un peu de la piste, tapant des pieds pour faire fuir serpents et autres araignées, nous installons sur un rocher et restons assis là émerveillés de découvrir cet incroyable animal qui défie les lois de Darwin.

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P1200381Nous passons ainsi quelques jours dans l’humide chaleur de la forêt tropicale, randonnant à l’abri du soleil brûlant. La moiteur ambiante est étouffante. La saison humide a commencé ici au Nord du pays, il fait plus de 35°C, à peu près autant la nuit, et seuls les bains dans les bassins d’eau douce (après vérification de toute absence de crocodiles) nous apaisent un peu. Les paysages sont splendides, nous avons quitté depuis quelques jours la végétation sèche et souvent brûlée du Sud ; ici, tout est vert, gorgé d’eau et les manguiers ploient sous le poids des fruits juteux. Sur notre route vers Cairns, nous alternons donc entre forêts et côte. Un soir en particulier nous avons eu la chance de dormir au milieu de plus de 50 kangourous sauvages vivant dans le parc national juste a côté! Trop choux!!

P1200287Les îles des Whitsundays, décrites comme ayant certaines des plus belles plages au monde, sont d’un attrait irrésistible. Imaginez une carte postale puis pensez à quelque chose d’encore plus beau. Des plages immenses d’un sable blanc si pur que la NASA s’en est servie pour Hubble ; une eau turquoise qui inonde la baie, dessinant un motif différent à chaque marée. Plongez vos pieds dans une eau aussi chaude que l’extérieur et terrain de jeu préféré des raies de lagon et bébés requins… A couper le souffle ! Pour mieux découvrir cet archipel nous partons en expédition plongée. GoPro vissé sur la tête et appareil photo numérique sous-marin (ah oui pour l’anecdote, Flo l’a trouvé à 5m de fond, au milieu du lagon de Lady Musgrave 😀 En parfait état de marche et full de batterie !) Nous sommes à l’aise sous l’eau même si un peu déçu par la visibilité, quand soudain, au détour d’une patate de corail, notre guide nous fait signe de la suivre ; et disparait ! Au milieu du mur de corail, une étroite fissure, plongée dans l’obscurité, se dessine. Je regarde Flo, Flo me regarde… je m’y enfile la première, pas très rassurée de nager à l’aveugle dans le noir total… Claustrophobes s’abstenir. Ces 20m de tunnel naturel traversant le récif me semblent irréel ; impossible de distinguer le haut du bas, aucun moyen de faire demi-tour, ou de calmer son imagination (« Dis donc, y-a pas un truc qui a bougé là-bas ?! »). Bien flippant mais à refaire !

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Finalement, excepté les îles, les environs d’Airlie Beach ne présentent que peu d’intérêt. Il est donc temps de repartir. En route, nous sauvons un kangourou blessé sur le bas-côté. Il s’est surement fait buté par une voiture, comme dirait Mamé :/ Avec deux locaux nous contactons le wildlife rescue qu’ils prennent la pauvre bête en charge rapidement.

Au fait on ne vous a pas encore évoqué une nouvelle amie, retrouvée tout au long de notre parcours jusqu’ici : Miss Robinson ! A chacun de nos arrêts, sauvages ou en camping, nous découvrons chaque matin en nous levant un sol entièrement balayé, ratissé, bien plat, clean de chez clean. On remercie alors mentalement le petit balayeur qui s’avère être en réalité une « brush turkey », sympa le dindon ! 😉

P1200505Ayant encore quelques jours devant nous avant Cairns, nous embarquons pour Magnetic Island et posons notre tente histoire de profiter d’un peu de farniente et de rando au milieu des koalas et walibis (c’est qui bavent bien les bougres !).  L’écocamping que nous occupons est un vrai repère d’opposums, vagabondant dès le crépuscule. Les nuits sont chaudes, et enfermés dans la tente, nous dégoulinons de sueur. Je concède à Flo qu’en ouvrant la moustiquaire, et en faisant fi de ma phobie des bestioles, nous suffoquerions un peu moins… Le sommeil enfin trouvé, voilà que débarquent deux étrangers, tranquilles, pénards, partis à l’exploration des tentes du quartier. Je me réveille alors semi-comateuse, prête à pousser mon homme un peu trop envahissant, quand la masse à mes pieds se révèle être une p’tite boule de poil innocente, sans doute venu pour chiper nos provisions ! Bon, j’avoue qu’à moitié endormie, les yeux collés, sans mes binocles, j’ai imaginé aussi une grosse mygale duveteuse, du coup, j’ai poussé un sacré cri et un bon coup de pied… !

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De nouvelles photos dans la galerie 😀
Sur ce, nous partons nous coucher. Demain embarquement pour le récif… 😉 Affaire à suivre. On vous embrasse !

Vos Apprentis Nomades

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